STEWART («
Stuart », dans les documents français), JAMES, de Killeith, 4e Lord
OCHILTREE (ou Ochiltrie), fondateur d’une colonie éphémère au port de la
Baleine, dans l’île du Cap-Breton, né en 1582 ( ?) en Écosse, mort en
1659.
Il était le
fils aîné du capitaine James Stewart, de Bothwellmuir, comte usurpateur
d’Arran, et de sa femme, Lady Elizabeth Stewart, fille aînée de John,
quatrième comte d’Atholl. En 1615 il devint quatrième baron Ochiltree en
vertu d’une entente entre les membres de la branche Ochiltree de la
famille Stewart. C’est peut-être pour redorer son blason qu’il se tourna
vers les entreprises coloniales. En 1629, après que Sir William
Alexander, père, se fut joint à des marchands aventuriers de Londres
pour former une compagnie anglo-écossaise, Charles Ier autorisa
l’emprunt de £500 afin de financer l’expédition organisée par Ochiltree
pour établir une colonie dans l’île du Cap-Breton. La flotte de cette
compagnie atteignit le 1er juillet le port de la Baleine, non loin du
Havre-aux-Anglais, emplacement de la future forteresse de Louisbourg.
C’est là qu’Ochiltree et une soixantaine d’Écossais, dont le capitaine
Constance Ferrar, commencèrent à s’établir et bâtirent un petit fort
qu’ils nommèrent « Rosemar », pendant que Sir William Alexander, fils,
se rendait à Port-Royal avec les autres colons. Mais à peine quelques
semaines plus tard, le capitaine Charles Daniel, de Dieppe, membre de la
Compagnie des Cent-Associés, venu de France pour relever Champlain à
Québec et ayant entendu parler de cette colonie naissante, s’en rendit
maître, fit prisonnier ses habitants qu’il transporta d’abord à Cibou
(Sainte-Anne), dans l’île du Cap-Breton, et qu’il ramena ensuite en
Europe. Un certain nombre des colons d’Ochiltree furent mis à terre près
de Falmouth, mais Ochiltree et 17 colons furent emmenés en France comme
prisonniers. Libéré par le Conseil de la marine, il adressa une
supplique à Charles Ier, en 1630, pour être indemnisé de ses pertes et
il dénonça les « revendications » des Français à l’égard du Canada et de
l’Acadie.
Le 18 avril
1630, Ochiltree fit la demande d’une concession en Nouvelle-Écosse, dans
le cadre du projet de Sir William Alexander, et il élabora, de concert
avec quelques autres baronnets, les plans d’une colonie qu’ils
projetaient d’établir « près de la rivière du Canada ». C’est alors
qu’il lui arriva un malheur encore plus grand. Il avait accusé de haute
trahison James, marquis de Hamilton (plus tard premier duc de Hamilton),
associé de Sir David Kirke en 1637, mais on jugea, après enquête, que
ses accusations n’étaient pas fondées. Il fut donc condamné à
l’emprisonnement à perpétuité au château de Blackness et on annula,
avant leur enregistrement, les lettres patentes qui lui concédaient une
baronnie en Nouvelle-Écosse. Il resta prisonnier pendant 20 ans,
jusqu’au jour où les envahisseurs anglais le remirent en liberté, en
1652, après la bataille de Worcester.
Ochiltree se
maria deux fois. De sa première femme, Margaret, fille de Uchtred
Macdowall, de Garthland, il eut un fils qui le précéda dans la tombe,
mais le fils de celui-ci, William, devint le cinquième baron Ochiltree
avant de mourir dans sa seizième année. De sa seconde femme, Mary
Livingstone, le quatrième baron Ochiltree eut un fils et trois filles.
Il mourut en 1659.
C. Bruce Fergusson
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- Source : [Pour une version française
contemporaine de la prise du fort Rosemar, V. Malapart.]
AE, Corr. pol., Angleterre, 43, 44, 45.— AN, E1, 101A, 103A.— PRO,
C.O.1/5, nos 41, 46, 47— [Sir William Alexander], The Earl of Stirling’s
register of royal letters, relative to the affairs of Scotland and Nova
Scotia from 1615 to 1635, ed. C. Rogers (2 vol., Edinburgh, 1885).—
Champlain, Œuvres (Biggar), VI : 153–161 donne la version française de
la fondation et de la destruction du fort d’Ochiltree.— Mémoires des
commissaires, I : 43 ; Memorials of the English and French commissaries,
I : 116.— PRO, CSP, Col. 1574–1660, 104–106.— Royal letters, charters,
and tracts (Laing), 78, 120–123.— William Anderson, The Scottish nation
(3 vol., Edinburgh and London 1880).— Richard Brown, A history of the
Island of Cape Breton (London, 1869), 74–83.— Insh, Scottish colonial
schemes.— McGrail, Alexander.— Bien que Insh et McGrail diffèrent
d’opinion sur la date des établissements d’Alexander et d’Ochiltree, il
semble bien qu’il y a lieu d’accepter l’opinion d’Insh selon lequel
l’année 1629 est bien exacte, si l’on réfère à des documents tels que :
BM, Egerton MS 2 395, f.23 et Harleian. MS 1760 ; Nat. Library of
Scotland, Hawthornden MS IX, f.148–150 ; certains des documents contenus
dans le registre du comte de Stirling ; et le récit que fit le capitaine
Daniel de son voyage de 1629.
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