QUENTIN,
JACQUES, prêtre, jésuite, né à Abbeville en 1572 et décédé à Charleville
le 18 mars 1647. On a parfois confondu les pères Claude et Jacques
Quentin. Pourtant, ils n’ont pas vécu au Canada à la même époque.
Jacques
Quentin était maître ès arts du collège de Douai et prêtre quand il
entra en 1604 au noviciat de la compagnie à Nancy. Après avoir enseigné
aux collèges de Bourges (1606–1608) et de Rouen (1608–1609), il était
nommé ministre au collège d’Eu. Il y reçut les pères Biard et Massé en
route pour l’Acadie (l 610). Il était dans ses attributions de les
introduire aux diverses communautés de la petite ville ; c’est lui sans
doute qui leur signala l’existence au monastère des Augustins de la
relique de saint Laurent O’Toole, archevêque de Dublin, qu’ils
apportèrent avec eux [V. la bibliographie]. Au début de 1613, il fut
désigné pour aller prendre charge de la nouvelle mission (Saint-Sauveur)
projetée par la marquise de Guercheville, au cas où les deux
missionnaires auraient été morts. Dans le cas contraire, il devait
revenir en France. Il arriva en Acadie le 16 mai. Dès le mois de
juillet, les Anglais de la Virginie, sous le commandement de Samuel
Argall, s’emparaient des possessions françaises. Le frère Gilbert Du
Thet était mortellement blessé et les autres jésuites faits prisonniers.
Le père Quentin partagea le sort du père Biard : « Nous avons été
prisonniers pendant neuf mois et demi, écrit celui-ci, toujours dans le
navire, à l’exception, comme j’ai dit, des jours que nous avons passés à
Pembrock. Pendant trois mois, nous ne recevions par jour qu’environ deux
onces de pain et un peu de poisson salé et d’eau presque toujours
saumâtre. » Rentré en France en 1614, le père Quentin fut appliqué au
ministère de la prédication, avec résidence, le plus souvent, à
Charleville. C’est là qu’il mourut, le 18 mars 1647.
Léon Pouliot

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- Source : ARSI.— JR (Thwaites), passim (N.B. :
la table ana lytique de l’édition de Québec des Relations des Jésuites
confond les pères Claude et Jacques Quentin.) — Première mission des
Jésuites au Canada : lettres et documents inédits, éd. Auguste Carayon
(Paris, 1864).— Rochernonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle,
I : 83.— Marquis de Saint-Pierre, Note historique sur saint Laurent O’Toole,
archevêque de Dublin, patron du fleuve Saint-Laurent, BRH, LXII (1956) :
33–36. [Article d’une certaine valeur, mais qui appelle des réserves. On
peut retenir les données sur saint Laurent O’Toole ; les documents
relatifs à la cession et au retour de la relique ont été copiés sur les
pièces officielles. Mais le fleuve Saint-Laurent doit son nom à Jacques
Cartier (1535). La relique de l’archevêque de Dublin n’y est pour rien.
l. p.]
© 2000 Université Laval/University of Toronto
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