DENYS,
NICOLAS, colon, entrepreneur, auteur, l’une des figures éminentes de
l’Acadie pendant plus de la moitié du xviie siècle, né à Tours en 1598,
décédé en 1688.

Nicolas Denys
était le fils de Jacques Denys de La Thibaudière et de Marie Cosnier. Il
déclara lui-même être d’une « famile d’ingénieurs ». On sait peu de
chose de ses premières années. On peut tenir cependant que s’il n’alla
pas longtemps à l’école, il avait par ailleurs acquis une grande
expérience dans la navigation, l’industrie des pêcheries, l’exploitation
forestière et l’administration. Marchand à La Rochelle, il y était en
1632 l’agent et le représentant de la Compagnie de la Nouvelle-France. À
ce titre, il s’occupa du recrutement de volontaires et de l’équipement
de l’expédition envoyée en Acadie sous le commandant Isaac de Razilly
pour prendre possession du pays aux termes du traité de
Saint-Germain-en-Laye et pour y établir une colonie.
La recrue de
Razilly, d’environ 300 hommes, répartis en trois vaisseaux, arriva à La
Hève (près de Bridgewater, N.-É.) le 8 septembre 1632. Peu après, Denys
établit une pêcherie à Port-Rossignol (Liverpool, N.-É.). Il reçut du
commandeur, en 1634, une concession de terres très boisées à La Hève.
L’année suivante, il y commençait la coupe du chêne blanc, débité en
planches et en poutres, pour l’exportation en France par les vaisseaux
qui étaient propriété de Razilly, son associé en cette première
entreprise d’exploitation forestière au Canada. La mort de Razilly, vers
la fin de l’année 1635, fut un coup assez dur pour la colonie en
général, et pour Denys en particulier. L’un des lieutenants de Razilly,
Charles de Menou d’Aulnay, son cousin, prit dès lors le commandement. Il
refusa à Denys l’autorisation d’exporter son bois d’œuvre. Ce refus et
la saisie sans dédommagements d’un vaisseau et d’une cargaison de morue
dans un port du Portugal, quelques mois plut tôt, furent les premières
infortunes dans l’existence de cet homme intrépide. Mais les malheurs
qui devaient continuer à s’abattre sur lui diminuèrent considérablement,
à la longue, la part qu’il voulait prendre à la mise en valeur de
l’Acadie.
Devant
l’inimitié de d’Aulnay, le désordre et les dissensions qui régnaient,
Denys s’en retourna à La Rochelle, où il redevint le représentant de la
Compagnie de la Nouvelle-France. En outre, il organisa ses propres
expéditions de pêche et de traite sur les côtes de Terre-Neuve et
surtout, à ce qu’il semble, dans le golfe du Saint-Laurent. Vers 1645,
il obtint une concession de la compagnie et il construisit un poste
fortifié de pêche et de traite du côté sud du havre de Miscou. De plus,
il fit défricher et ensemencer le sol par les colons qu’il y établit.
Cependant, d’Aulnay, qui détenait à cette époque la commission royale de
gouverneur de l’Acadie, refusait de reconnaître le droit de la compagnie
d’accorder ce privilège sans son approbation. Il s’empara, en 1647, du
poste de Miscou et il expulsa Denys. Il accepta de le dédommager pour
les marchandises de traite et les autres bien confisqués, mais il ne
tint pas sa promesse. Il est possible que, par suite de ces revers,
Denys ait construit un poste de traite sur la Miramichi.
Ce que nous
savons en tout cas, c’est qu’à la nouvelle du décès de d’Aulnay en 1650,
Denys se rendit au Cap-Breton avec son frère, Simon, dans le but d’y
faire la pêche et la traite. À l’automne de 1651, des soldats, envoyés
par Mme d’Aulnay [V. Motin], prirent les deux postes de Saint-Pierre et
de Sainte-Anne, occupés par les sieurs Denys qui furent faits
prisonniers et emmenés à Québec. Là, les autorités ne durent pas
admettre la légitimité de cette mesure puisque, libéré peu après,
Nicolas Denys retourna a Saint-Pierre. Tout en continuant à s’y occuper,
il construisit en 1652 un autre poste à Nipisiguit (Bathurst, N.-B.),
mais il ne devait pas jouir longtemps en paix du fruit de ses efforts.
Asa mort, d’Aulnay était lourdement endetté envers Emmanuel Le Borgne,
marchand de La Rochelle, qui réclama dès lors les droits de d’Aulnay en
Acadie jusqu’à concurrence de ce qui lui revenait sur la succession de
celui-ci. En 1653, Le Borgne dressa une embuscade à Denys, le fit
prisonnier à Saint-Pierre, s’empara de toutes les marchandises qu’il y
trouva, de même qu’à Nipisiguit, et emmena son prisonnier à Port-Royal,
où Denys fut mis aux fers et au cachot. Bien qu’il n’ait pu s’évader,
Denys avait réussi à prévenir Charles de Saint-Étienne de La Tour, qui
fut en mesure de résister à l’assaut que Le Borgne livra subséquemment à
son fort. À sa libération, Denys se hâta de rentrer en France, où il
porta plainte, en invoquant qu’il avait construit son poste avec
l’autorisation de la compagnie. Tout comme dans son différend avec
d’Aulnay au sujet du tort qu’il avait subi à Miscou, le roi décida de
nouveau en faveur de Denys, mais en dépit de la restauration de ses
forts, il ne reçut pas de dédommagements.
Pendant son
séjour en France, vers la fin de 1653, Denys acquit pour 15 000ª, de la
Compagnie de la Nouvelle-France, les droits sur la côte et les îles du
golfe Saint-Laurent, depuis le cap Canseau jusqu’au cap des Rosiers en
Gaspésie. Ce vaste territoire comprenait le Cap-Breton, aussi bien que
les îles de la Madeleine, l’île Saint-Jean (île du Prince-Édouard) et
toutes les autres îles du golfe. Peu après, il reçut sa nomination de
gouverneur et de lieutenant général de ce territoire. Denys s’occupa
alors d’organiser une compagnie de pêche et de traite dont l’activité
s’exerçait dans les limites de sa concession. Il avait pour associés
dans son entreprise Christophe Fouquet de Chalain et les frères Jacob et
Abraham Duquesne. La nouvelle compagnie effectua des voyages chaque
année, de 1654 à 1664. Son vaisseau quittait la France au début de mai
et y retournait en octobre avec de la morue et des fourrures.
L’expédition comprenait en moyenne 15 marins, 10 soldats et 16 agents.
Le coût de chaque voyage variait, en plus des gages, de 12 000 à 15
000ª.
Cette
dernière affaire une fois lancée, Denys retourna à Saint-Pierre. Il put
heureusement rétablir son poste de pêche et la traite avec les sauvages,
tant là qu’à Nipisiguit, où il avait pour lieutenant Jean Bourdon de
Romainville., Saint-Pierre demeura son siège principal et il y fit de la
pêche, de la traite et un peu de culture. Il construisit plusieurs
petits navires et il fit de la coupe de bois. Vers 1659, il établit un
autre poste de pêche à Chedabouctou (Guysborough, N.-É.).
De plus, il
amena des troupeaux et des colons pour faire la pêche et cultiver le
sol. Il inaugura la culture du blé et il arrêta les plans d’un moulin à
farine et d’une brasserie, escomptant substituer la bière au vin qu’il
fallait importer. L’année suivante, il renvoya tous les soldats à son
service et il alla s’établir avec sa famille à Chedabouctou. En effet,
sa société de pêche et de traite n’avait guère réussi. Le passif de son
entreprise s’élevait, vers 1658, à 51 520ª. En 1664, il écrivit au
président de la compagnie, Fouquet, qu’il ne pouvait faire honneur à ses
obligations, que ses associés estimaient alors à près de 100 000.
Certaines possibilités d’assistance financière lui étaient, de ce fait,
désormais interdites.
Pendant ce
temps, tout n’allait pas pour le mieux à Chedabouctou. Un monsieur de
Canger et son lieutenant, La Giraudière, s’y trouvaient depuis 1658. Par
des manœuvres perfides et en dénaturant les faits, ils avaient réussi à
obtenir de la Compagnie de la Nouvelle-France une augmentation de leur
concession comprenant le poste de Denys à Chedabouctou. Un combat armé
s’ensuivit et le conflit dura quelques années, jusqu’à un voyage que
Denys fit en France, où il obtintrapidement, par une décision du 9
novembre 1667, une confirmation de ses droits en Acadie.
Au cours de
sa contestation avec Canger, il semble que Denys ait ramené sa famille à
Saint-Pierre. C’est alors que sa carrière, si éprouvée, atteignit l’un
de ses points les plus critiques. Pendant l’hiver de 1668–1669, un
incendie détruisit complètement sa demeure et ses dépendances de
Saint-Pierre.
Cette
catastrophe le ruinait complètement.Déjà, par suite de l’incendie, du
pillage et de la guerre, il avait perdu plus de 100 000ª, somme
considérable pour le temps. Agé de 70 ans, il était maintenant contraint
de transporter sa famille au poste qu’il avait établi à Nipisiguit. Ce
poste comprenait une maison de grès rouge entourée d’une palissade de 18
pieds de haut, renforcée de quatre bastions. Là, il se tourna vers une
carrière nouvelle pour lui, celle d’auteur.
Si Denys a
fait œuvre durable, ce ne fut pas comme organisateur de pêcheries,
négociant ou entrepreneur en colonisation, mais bien à titre d’auteur de
la Description géographique et historique des costes de l’Amérique
septentrionale : avec l’histoire naturelle du païs. Composé à Nipisiguit,
cet ouvrage est l’un des plus précieux documents du xvie siècle sur
l’Acadie. Quant il l’eut terminé, Denys se prépara à se rendre en France
pour le publier. Il espérait évidemment, avec son ouvrage, intéresser le
publie à l’Acadie et y favoriser la colonisation. Avant de partir, il
nomma son fils, Richard Denys de Fronsac, son lieutenant, avec
l’assistance de sa mère, Marguerite Lafite. Celle-ci avait épousé
Nicolas Denys en 1642 et l’avait suivi en Acadie, où étaient nés
Richard, Marie, qui épousa Michel Leneuf de La Vallière, et peut-être
Marguerite, qui épousa le capitaine James Forsayth.
Denys
parvint, en 1672, à publier, en France, son ouvrage qui comprenait deux
volumes. Le premier est consacré à une description de la région côtière
de l’Acadie, de la rivière Penobscot à Gaspé, et à quelques-unes de ses
aventures dans cette région. Le second volume traite de la pêche et des
poissons, et généralement des ressources naturelles de la région, des
Micmacs, au milieu desquels il avait vécu pendant 40 ans. Il est
intitulé : Histoire naturelle des peuples, des animaux, des arbres &
plantes de l’Amérique septentrionale ; & de ses divers climats: avec une
description exacte de la pesche des moluës, tant sur le Grand Banc qu’à
la coste ; & de tout ce qui s’y pratique de plus particulier.
La langue en
est médiocre et révèle le manque de formation littéraire, voire
l’insuffisance de la formation scolaire de l’auteur. Cependant,
l’ouvrage est intéressant et de grande valeur. Denys lui-même écrit : «
Vous excuserez un pescheur ; si j’avois autant employé de temps à
l’étude que j’ay fait à m’instruire & à rechercher les moyens de suivre
la molüe [...] je vous aurois donné plus de satisfaction en tout ce
récit que je n’ay fait. » Denys semble n’avoir eu que peu de notes pour
sa composition. Il faisait fond principalement sur ses souvenirs ; de
là, des erreurs nombreuses. Et cependant, le tableau qu’il donne du
pays, des populations, de même que de ses propres entreprises et de
celles de ses contemporains, comme Razilly, d’Aulnay, La Tour et Le
Borgne, est sans prix. On tient, par exemple, sa description de la pêche
à la morue pour la plus complète et la meilleure qui soit. Les chapitres
qui traitent des autres ressources naturelles respirent en leur ensemble
un grand enthousiasme et reflètent son in-altérable confiance en
l’avenir du pays. Il fait des Indiens la description la plus
satisfaisante que l’époque nous ait laissée. Dans l’ensemble, son livre
est visiblement l’œuvre d’un homme d’action, qui possède son sujet à
fond, mais dont le style manque de cette aisance qui retient l’attention
du grand public.
À ses propres
yeux cependant, ce travail dut se solder par un échec puisqu’il n’en
tira rien qui lui permît de redresser ses affaires. Par ailleurs,
l’ouvrage ne contribua pas non plus à encourager la colonisation de
l’Acadie. Pourtant, ayant une confiance illimitée en l’avenir de ce
pays, Denys continua à s’intéresser à son vaste domaine, bien que,
apparemment, il restât en France.
Sans doute
parvint-il à amener de nombreuses familles de colons en Acadie, mais peu
y restèrent. Par exemple, en 1662, il n’avait gardé que sept familles de
colons établis à demeure, alors qu’aux termes de sa concession de 1653,
il était tenu d’en emmener 80.
Par suite de
cet échec dans la colonisation de ses domaines, la compagnie commença, à
partir de 1663, à tailler pour d’autres, notamment Gautier [V. Bergier]
des concessions à même le territoire de Denys, soit aux îles de la
Madeleine, à Chedabouctou ou à Percé. Ce démembrement de sa seigneurie
lui causa de grands soucis. Pendant les dernières années de sa vie,
l’effritement de son domaine d’Acadie dut de beaucoup rabattre son
optimisme naturel, d’autant qu’il se trouvait maintenant dénué de toutes
ressources financières. Ainsi, on lit quelque part qu’au début de 1685,
il était réduit à vivre de charité, à Paris. C’est probablement cette
année-là qu’il retourna en Acadie avec l’intention de passer ses
dernières années a Nipisiguit. Vu son grand âge, il est peu probable
qu’il se soit occupé beaucoup d’affaires, et il dut se contenter d’en
laisser la direction à son fils. En 1687, la concession qui avait été
accordée à Nicolas Denys fut annulée et, le 17 avril de la même année,
fut reconnu son droit à une grande seigneurie « qui serait choisie plus
tard ».
Nicolas Denys
mourut en 1688, à l’âge de 89 ans, très probablement à Nipisiguit. Avec
ses propres écrits et ceux des auteurs contemporains, on peut se faire
une idée de l’homme. Il était doué d’une forte constitution au point de
donner l’impression que les difficultés lui étaient un stimulant. On
sait peu de choses de son aspect physique, si ce n’est qu’il avait une
barbe fournie, blanche, ce qui amenait beaucoup de Micmacs à l’appeler
la « Grande Barbe ». Il eut une forte influence sur ces sauvages. En le
suivant à travers ses entreprises, on voit un homme doué de courage, de
décision, du don de commandement, habile en affaires et sûr de lui-même.
Par-dessus, tout, il n’aimait ni la guerre ni les querelles, n’ayant
d’autre but « que de m’appliquer dans mon district, à mon établissement
& à mes affaires, sans me méler de celles des autres. » À deux reprises,
il vint en aide aux enfants d’hommes qui lui avaient fait tort, ce qui
atteste une générosité d’âme peu commune. Peut-être sa qualité
principale fut-elle son honnêteté, une caractéristique dont conviennent
la plupart des historiens. Cette qualité confère une autorité
exceptionnelle à ses descriptions de l’Acadie, à une époque où les
querelles intestines et la guerre l’avaient amenée au point mort.
Visionnaire, s’efforçant toujours de transformer ses rêves en réalité,
Denys s’employa à mettre en valeur une grande seigneurie sur la rive
nord de ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Brunswick. Négociant
entreprenant, pêcheur, pionnier de la colonisation, cet homme d’une
activité dévorante rêva visiblement de terres cultivées, de vaisseaux
chargés de morue et d’autres produits de la pêche pour le marché
européen, et de radeaux de gros billots descendant les rivières jusqu’à
la mer pour l’exportation en France. Il est certain qu’il aurait réussi
dans une grande partie de ses entreprises si ses projets n’avaient pas
été entravés, et ses ressources épuisées par la guerre, l’incendie, les
prix prohibitifs et de ruineuses concurrences. D’ailleurs, son échec ne
fut pas plus grave que ceux d’une demi-douzaine de ses contemporains,
parmi lesquels Le Borgne et d’Aulnay. Eût-il vécu à une autre époque
qu’il eût pu fort bien réussir.
En fait aucun
de ses postes à Miscou, à Saint-Pierre, à Nipisiguit ou à Chedabouctou
ne devint permanent. Il reste que de les avoir établis, d’avoir
contribué par ses écrits à faire mieux connaître le pays, en porta
d’autres à immigrer en ces lieux et à y continuer l’œuvre des pionniers.
Lui-même écrivait dans son ouvrage : « Je croy n’avoir pas tout à fait
perdu mon temps, bien qu’il ait esté traversé de milles disgraces ».
Par-dessus tout, étroitement mêlé à la vie économique du pays, il fit
l’histoire de l’Acadie pendant plus d’un demisiècle. À lui revient la
distinction d’être le premier auteur acadien et le premier exploitant
forestier. Ses dons remarquables, son énergie en font l’une des plus
éminentes et des plus attachantes personnalités de l’enfance de cette
terre nouvelle.
George MacBeath

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- Source : Denys, Description géographique et
historique (Ganong).— JR (Thwaites).— Mémoires des commissaires, I : 48,
83, 135–137, 147, 154s. ; II : 503 ; IV : 77, 79s., 83, 88–100, 118,
135, 147s., 151, 166–168, 170, 174, 183, 201s., 206s., 209s., 211, 219,
274, 392, 447, 451, 499, 518, 523–533 Memorials of the English and
French commissaries, I :120, 157, 192–194, 202, 209, 295, 297, 299, 301,
321, 525, 719.— René Baudry, Quelques Documents nouveaux sur Nicolas
Denys RHAF, IX (1955–56): 14–30.— Roger Comeau, Nicolas Denys, pionnier
acadien, RHAF, IX (1955–16) : 31–54.— La Morandière, Hist. de la pêche
française de la morue, I : 353s.— Robert Le Blant, Les Études
historiques sur la colonie française d’Acadie, 1603–1713, Revue
d’Histoire des Colonies, XXXV (1948) : 94–102 (l’auteur mentionne tous
les textes connus sur Nicolas Denys) ; Les Compagnies du Cap-Breton,
1629–1647, RHAF, XVI (1962–63) : 81–94.— W. I. Morse, Gravestones of
Acadie : and other essays on local history, genealogy and parish records
of Annapolis County, N.S. (London, 1929).
© 2000 Université Laval/University of Toronto
-
- Signature de Nicolas
Denys. GANONG, William F. The
Description and Natural History of the Coasts of North America by
Nicholas Denys, Toronto, The Champlain Society, 1908, p. 36.
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