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CHAMBLY, JACQUES DE, capitaine au régiment de
Carignan-Salières, seigneur de Chambly et gouverneur de l’Acadie, né de
Philippe de Chambly et de Louise de Laulne, mort à la Martinique en 1687.
Descendant d’une ancienne et illustre famille appauvrie par les guerres,
Chambly avait servi en Hongrie et commandé le régiment du Maréchal
d’Estrades. Il arriva au Canada en juin 1665 comme capitaine d’une
compagnie du régiment de Carignan-Salières ; il dirigea la construction du
fort Saint-Louis aux rapides du Richelieu et prit part à l’expédition de
Prouville de Tracy contre les cantons iroquois. L’année suivante, il
recevait du roi une gratification de 400 écus. Quand le régiment fut
licencié, Chambly rentra en France ; mais, recommandé par Talon, il revint
en 1670 comme capitaine d’une compagnie de la marine. Il commença
l’établissement d’une colonie agricole autour du fort Saint-Louis(où il
demeurait) et reçut trois des chevaux que Talon avait fait venir de
France.
En 1672, il obtenait la concession d’une seigneurie de trois lieues de
front par une de profondeur de chaque côté de la rivière, près du fort.
Cette seigneurie prit son nom. (Elle a donné naissance au village actuel
de Chambly.) Plusieurs de ses soldats s’établirent auprès de lui. Le
gouverneur de Buade de Frontenac le nomma commandant sur la rive sud du
fleuve, de la rivière du Loup à Montréal. Le 5 mai 1673, il était nommé
gouverneur de l’Acadie, en remplacement d’Andigné de Grandfontaine. Il se
rendit à Pentagouet à l’automne sur un petit navire de Québec, le
Saint-Jean.
Il n’y exerça pas longtemps son commandement car, dès l’été suivant, il
subit l’attaque d’un parti de corsaires hollandais sous la conduite d’Aernoutsz
et de Rhoades. Sa petite garnison de 30 hommes ne put soutenir l’assaut et
se rendit après un bref combat. Chambly fut fait prisonnier et emmené à
Boston avec son enseigne Jean Vincent d’Abbadie de Saint-Castin et Pierre
Joybert de Soulanges, pris à Jemseg. Saint-Castin réussit à s’évader et
porta la nouvelle à Québec. Frontenac paya la rançon, mais Chambly ne put
être libéré que l’année suivante. Rentré en France, il recevait, le 20 mai
1676, un nouveau mandat pour l’Acadie. Il avait formé des projets
considérables auxquels s’intéressait Colbert qui promettait 4 000ª pour le
passage de 30 soldats et de 100 habitants. Chambly ne semble pas cependant
être revenu au Canada, puisqu’il était nommé commandant militaire aux Îles
dès le 3 septembre 1677. Nommé gouverneur de la Grenade, le 24 avril 1679,
il légua sa seigneurie de Chambly à sa fiancée, Mlle Marie-Françoise de
Thavenet, dont une sœur, Marguerite, avait épousé Joseph-François Hertel
de La Fresnière. C’est ainsi que la seigneurie de Chambly passa dans la
famille Hertel. Nommé gouverneur de la Martinique l’année suivante,
Chambly y mourut en 1687.
René Baudry
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- Source : AN, Col. B, 1, 5, 7, 9 ; C11D, 1.—
Correspondance de Frontenac (1672–82), RAPQ, 1926–27.— Correspondance de
Talon, RAPQ, 1930–31.— P.-G. Roy, Inv. concessions, II 196s.— BRH, XXII
(1916) : 374 ; XXIII (1917) 14–16.— Robert La Roque de Roquebrune, Les
Demoiselles de Thavenet, NF, V (1930) : 86–91.
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