MENOU D’AULNAY,
CHARLES DE, capitaine de navire, lieutenant de Razilly et gouverneur
d’Acadie, né vers 1604 au château de Charnisay (France) de René de Menou,
conseiller d’État sous Louis XIII, et de Nicole de Jousserand, décédé à
Port-Royal (Annapolis Royal, N.-É.) en 1650. D’Aulnay était de famille
d’une très ancienne noblesse, originaire du Perche. Il doit son second nom
à la seigneurie d’Aulnay, près de Loudun, que lui légua sa mère.
Charles de
Menou servit d’abord dans la marine comme lieutenant de son cousin Isaac
de Razilly. Quand ce dernier fut nommé gouverneur, Menou passa en Acadie
(4 juillet 1632) où il devint l’un de ses plus actifs collaborateurs.
Presque chaque année, il passait en France avec des pelleteries, du
poisson ou des mâts, et en rapportait des vivres. Il empruntait des fonds,
louait des navires et recrutait des hommes. Comme Razilly, du moins au
début, avait partie liée avec la Compagnie de la Nouvelle-France, d’Aulnay
agissait à la fois au nom de Razilly et en celui de la compagnie. Mais ce
système donna lieu à des difficultés et d’Aulnay, en 1633, eut beaucoup de
mal à faire payer ses matelots par la compagnie. Après l’organisation
d’une compagnie particulière Razilly-Condonnier, en 1634, d’Aulnay n’agit
plus que pour le compte de cette dernière.
En 1635, le
commandeur de Razilly lui confia une mission périlleuse. Le poste de
Pentagouet, fondé par Claude de Sainte-Étienne de La Tour vers 1625, avait
été pris par les Anglais qui le détenaient encore. Razilly chargea
d’Aulnay de le reprendre avec l’aide de Charles de Saint-Étienne de La
Tour. Celui-ci avait accepté de coopérer avec Razilly, mais refusa de se
soumettre à dAulnay. Ce dernier n’en réussit pas moins à reprendre le
poste et à le défendre contre un retour offensif des Anglais. Mais, dès
l’année suivante, la Compagnie de la Nouvelle-France, où les La Tour
comptaient des amis, concédait le Vieux-Logis de Pentagouet à Claude de La
Tour. Ce conflit allait engendrer une longue et coûteuse rivalité entre
les deux concurrents.
La mort d’Isaac
de Razilly, en 1635, porta un rude coup à l’Acadie. Mais la plupart de ses
collaborateurs demeurèrent à leurs postes, et la colonie n’en reçut pas
moins, au début de 1636, un renfort considérable. Claude de Launay-Rasilly,
frère du gouverneur défunt, avait obtenu en son nom personnel les
concessions de Port-Royal, de La Hève et de l’île de Sable, et héritait
des parts de son frère dans la Compagnie de Razilly-Condonnier. Ses
obligations familiales et son poste dans la marine l’empêchaient de venir
lui-même en Acadie. D’après Nicolas Denys, il fit avec son cousin Charles
de Menou un accommodement par lequel celui-ci devenait son lieutenant en
Acadie, pendant que lui-même s’occuperait des affaires de la compagnie en
France.

Cet arrangement
provisoire fonctionna plu sieurs années sans que d’Aulnay eût le titre de
gouverneur. La présentation à ce poste revenait à la Compagnie de la
Nouvelle-France ; pour diverses raisons, elle ne songea nullement à
présenter d’Aulnay qui, en parfait accord avec Claude de Rasilly, n’en
exerçait pas moins une autorité absolue à La Hève et à Port-Royal. Il
décida très tôt, sans doute en accord avec son chef, d’établir à
Port-Royal le poste principal de la colonie. Ce site présentait un double
avantage : il possédait des terres fertiles, qui manquaient à La Hève, et
on espérait y établir des marais salants afin de recueillir sur place le
sel nécessaire à la pêche. Claude de Rasilly envoya des sauniers, et l’on
commença à construire des levées. La plupart des colons de La Hève vinrent
graduelle ment s’établir à Port-Royal, où le développement agricole prit
un bon essor.
Pendant ce
temps, l’ancienne administration bipartite continuait d’exister en Acadie,
sous l’autorité de la Compagnie de la Nouvelle-France. D’Aulnay, comme
lieutenant de Rasilly, commandait à Port-Royal et à La Hève, tandis que La
Tour commandait au cap de Sable et à la rivière Saint-Jean. Chacun
touchait la moitié de la traite et avait un droit de contrôle chez
l’autre. Ce système devait fatalement amener des conflits d’intérêts et de
caractères. D’Aulnay, déjà brouillé avec Nicolas Denys, semble avoir voulu
s’attribuer une certaine autorité sur La Tour et s’ingérer dans ses
affaires. Leur désaccord fut soumis à la cour ; Boutilier, le 10 février
1638, adressa à d’Aulnay une lettre de directives signée par le roi.
Cette lettre
tentait fort maladroitement de partager le territoire acadien entre les
deux lieutenants. Elle reconnaissait à d’Aulnay le titre de lieutenant
général en Acadie, consacrait son autorité sur Port-Royal et La Hève, lui
attribuait le gouvernement de Pentagouet. Si, jusque-là, sa situation
n’avait été que subalterne, cette lettre, à défaut d’une commission
explicite, reconnaissait ses pouvoirs et lui témoignait de la confiance de
la cour. La même année, d’Aulnay épousa Jeanne Motin, fille de Louis Motin,
l’un des intéressés de la Compagnie de Razilly, et belle-sœur de son
collègue Nicolas Le Creux Du Breuil. Ce mariage indiquait bien son
intention de s’établir au pays.
Vers le même
temps, La Tour, perdant l’espoir de voir partir son concurrent, se laissa
entraîner à des actes d’agression. Il aurait d’abord soulevé les sauvages
contre lui, puis intercepté en 1639 une pinasse envoyée à Pentagouet, et
retenu prisonniers les neuf hommes de l’équipage. En 1640, d’Aulnay,
revenant lui-même de Pentagouet avec deux petits navires, fut attaqué par
La Tour à coups de canon et l’un de ses vaisseaux fut démâté. Cette
agression imprudente tourna au désavantage de La Tour. Le capitaine de son
navire, Pierre Jamin, fut tué ; La Tour lui-même, ainsi que Desjardins Du
Val, son lieutenant, et tout l’équipage demeurèrent prisonniers. Sur
l’intervention des Capucins, un accord intervint par lequel La Tour
retrouva sa liberté, pendant que l’affaire était portée en France. Ces
incidents marquèrent le début d’une petite guerre entre les deux
lieutenants du roi en Acadie. Cette lutte causa plusieurs pertes de vie,
provoqua quantité de démarches et de procédures inutiles, consuma leurs
efforts et leur argent pendant cinq ans et les laissa tous deux à moitié
ruinés.
Pendant que la
veuve de Jamin, soutenue par Desjardins, obtenait à La Rochelle la saisie
du Saint-François, navire de la Compagnie de Razilly, d’Aulnay faisait
dresser des rapports et, par l’entremise de son père, portait ses
réclamations au Conseil du roi. L’escarmouche de 1640 contribua pour
beaucoup à renforcer sa position. Au printemps suivant, les navires
apportaient à La Tour un ordre de passer en France pour se justifier et
donnaient mission à d’Aulnay d’administrer ses forts. En vertu de ces
ordres, La Tour remit le fort du cap de Sable, qu’il pouvait difficilement
défendre, mais refusa de quitter le pays et se réfugia à la rivière
Saint-Jean.
La même année,
les Hollandais firent quelques incursions sur les côtes d’Acadie ; de
sorte que d’Aulnay devait à la fois se défendre contre La Tour, soutenir
Pentagouet constamment menacé et assurer la défense de l’Acadie. Pour
affronter ces dangers, il avait demandé à la compagnie 30 ou 40 hommes de
renfort, mais n’en reçut que 6. Claude de Rasilly, embarrassé par le
procès Jamin, avait réussi, en faisant intervenir la Compagnie de la
Nouvelle-France, à libérer son navire et ses pelleteries. Mais ces
tracasseries avaient entravé la traite et causé des pertes. À titre
d’encouragement, les associés accordèrent à d’Aulnay, le 15 février 1641,
une part gratuite dans la compagnie, mais ne purent davantage. D’Aulnay
passa en France pour chercher assistance.
Au cours de ce
voyage, il déploya une activité extraordinaire et, secondé par son père,
réussit à obtenir des avantages considérables. Il voulut d’abord clarifier
sa situation avec la Compagnie de Razilly. Le principal intéressé
demeurait Claude de Launay-Rasilly. Mais celui-ci avait déjà engouffré des
sommes énormes en Acadie sans en pouvoir rien retirer. De plus, la guerre
ouverte qui venait de se déclarer entre son lieutenant d’Aulnay et La Tour
laissait prévoir de graves embarras. Ni lui ni ses associés n’étaient
disposés à engloutir de nouveaux fonds, mais songeaient plutôt à se
retirer de cette ruineuse entreprise. Comme d’Aulnay, par contre, semblait
plein d’espoir et prêt à s’engager à fond, les associés s’arrangèrent pour
lui passer la main et lui faciliter la prise de contrôle effectif de la
compagnie.
Launay-Rasilly,
par acte notarié du 16 janvier 1642, cédait à d’Aulnay ses quatre parts,
valant au delà de 60 000ª, et ses droits sur La Hève et Port-Royal, pour
la somme dérisoire de 14 000ª, payable en sept ans, à raison de 2 000ª par
an. De plus, il lui donnait (19 février) 4 000ª à même sa créance sur la
succession de son frère, afin qu’il puisse acheter la concession de la
rivière Sainte-Croix. Par ailleurs, grâce au concours du père Pascal de
Troyes, d’Aulnay devenait administrateur de la part que le cardinal de
Richelieu avait donnée aux Capucins. Ainsi, de simple lieutenant, d’Aulnay
devenait maître de la majeure partie de l’Acadie. Pour faire face à ses
nouvelles obligations et financer la colonie, il conclut, au mois de mai
suivant, des accords avec un marchand huguenot de La Rochelle, Emmanuel Le
Borgne, qui devint à la fois son armateur, son banquier et son agent
d’affaires. Cette même année, Le Borgne lui avança 18 000ª, de sorte que
d’Aulnay, aidé aussi de quelques parents, put affréter trois navires et en
acheter un quatrième. Il revint ainsi à Port-Royal avec des forces
imposantes. Dès son arrivée, il envoya trois gentilshommes et quatre
matelots signifier à La Tour les nouveaux ordres de la cour. Mais La Tour,
dans un geste de colère, ne fit qu’un « bouchon » de ces papiers, et
emprisonna les messagers. D’Aulnay prit alors le parti d’intercepter ses
approvisionnements afin de le réduire par la faim. Son navire, la Vierge,
demeura cinq mois à l’embouchure de la rivière Saint-Jean et réussit à
empêcher le navire de La Tour, le Saint-Clément, et un navire anglais d’y
aborder. Mais une tentative de débarquement échoua.
La Tour réussit
cependant à rejoindre le Saint-Clément et à gagner Boston, où il nolisa
quatre navires marchands avec lesquels il revint à Saint-Jean. Devant ces
forces supérieures, d’Aulnay regagna prudemment Port-Royal. La Tour l’y
suivit, mais ses alliés anglais refusèrent d’attaquer le fort, et il put
seulement, avec 30 volontaires, attaquer un moulin défendu par une
vingtaine de soldats. Il réussit à l’incendier, tua trois hommes et prit
une barque chargée de pelleteries.
Cette seconde
attaque montra à d’Aulnay la vulnérabilité de sa situation. Si les
Anglais, avec leurs forces supérieures, avaient voulu attaquer, le siège
aurait été difficile à soutenir. D’Aulnay entreprit aussitôt de faire
construire un nouveau fort. Cette attaque lui fournit cependant des
arguments supplémentaires contre La Tour. Il fit dresser des
procès-verbaux par le prévôt André Certain, par les Capucins et par
d’anciens partisans de La Tour, rédigea deux longs mémoires, et passa
lui-même en France réclamer de nouveaux secours. Il obtint un nouvel arrêt
du conseil, le 6 mars 1644. Le Borgne financa un armement considérable de
50 000ª et lui affréta une frégate de 200 tonneaux, le Grand Cardinal,
armée de 16 canons. Pendant ce temps, un homme de confiance, le sieur
Marie, probablement un capucin en civil, allait à Boston protester contre
les secours accordés à La Tour.
Les navires de
d’Aulnay, dont l’un était commandé par Bernard Marot, reprirent leur
faction à la rivière Saint-Jean. Au printemps, apprenant que La Tour avait
quitté son fort pour aller négocier à Boston, d’Aulnay résolut de tenter
un siège. Il fit débarquer des canons, amena ses navires en face du fort
et le soumit à un bombardement qui détruisit une partie du parapet. Après
avoir promis le pillage à ses soldats, il fit donner l’assaut le lundi de
Pâques 1645. Le fort tomba, malgré une résistance acharnée. Il paraît
certain qu’une partie des 45 défenseurs périrent sur place et que les
autres furent pendus, sauf quelques-uns qui obtinrent leur grâce. Mme de
La Tour, Françoise-Marie Jacquelin, prisonnière, mourut peu après.
D’Aulnay avait perdu huit hommes et paya des indemnités à leurs familles.
Le vainqueur
fit ensuite restaurer et renforcer considérablement le fort La Tour, et y
établit un fructueux comptoir de commerce. D’après Denys, il y fit la
traite des orignaux jusqu’à 3 000 par an). Le roi et la reine mère lui
écrivirent les 27 et 28 septembre 1645 pour le féliciter et lui promettre
un navire de ravitaillement. Mais ils oublièrent de l’envoyer et d’Aulnay,
l’année suivante, leur rappela vainement cette promesse ; il ne reçut
jamais aucune aide concrète de la cour. La traite des pelleteries formait
sa seule source de revenus. Pour aider à la subsistance de la colonie, il
tenta des coupes de bois, organisa la pêche du loup marin et développa
l’agriculture.
La question
d’un traité de paix avec les États de la Nouvelle-Angleterre, agitée
depuis 1643, demeurait pendante. Un premier accord avec Boston, signé en
1644, fut ratifié en septembre 1645. Mais d’Aulnay réclamait une indemnité
de 8 000 louis pour les dommages causés par les marchands anglais qui
avaient soutenu La Tour. Ses trois députés furent très courtoisement reçus
à Boston et, après trois jours de discussion, signèrent un traité avec les
États de la Nouvelle-Angleterre. On offrait à d’Aulnay, à titre de
réparation symbolique, une chaise à porteur prise par un corsaire sur le
vice-roi du Mexique.
En
reconnaissance de ses services et en compensation de ses énormes dépenses,
la cour accordait à d’Aulnay, en février 1647, grâce au patronage de
Séguier, des lettres patentes fort généreuses. Après un élogieux rappel de
ses services, on lui confirmait des pouvoirs de gouverneur dans toute
l’Acadie, du Saint-Laurent à la mer, jusqu’en Virginie, et il obtenait le
privilège exclusif de la traite des pelleteries contre tout concurrent.
Mais ces
lettres, obtenues sans la présentation de la Compagnie de la
Nouvelle-France, soulevèrent des protestations de celle-ci, d’autant plus
que d’Aulnay en avait déjà anticipé et en poursuivait une application
rigoureuse. Il avait en effet commencé, dès 1644–1645, à envoyer ses
navires patrouiller sur les côtes pour saisir les navires pêcheurs faisant
la traite des pelleteries, et il avait saisi une dizaine de navires
basques, bordelais et bretons. Il avait même pris, en 1646, dans le golfe
du Saint-Laurent, quelques barques appartenant à la Compagnie de Miscou.
En septembre 1647, il s’empara du fort Saint-Pierre, au Cap-Breton,
appartenant à Gilles Guignard, et du fort de Nipisiguit (Bathurst, N.-B.),
concédé à Nicolas Denys. Ces actes de rigueur difficilement justifiables
entraînèrent de nombreuses contre-saisies et procédures devant les cours
d’Amirauté et des appels au Conseil du roi. Mais la position de d’Aulnay
était très forte en cour, et les protestations de la compagnie ne furent
entendues qu’en 1652, après la mort du gouverneur et de son père.
Malgré ses
efforts, d’Aulnay ne put jamais rembouser les dépenses annuelles
nécessitées par la colonie. Les déficits accumulés représentaient déjà, en
1648, plus de 200 000ª. Le Borgne, refusant de contribuer davantage, se
rendit à Port-Royal pour exiger le paiement de ses arrérages. Il
s’ensuivit une brouille assez vive et Le Borgne dut revenir avec un navire
vide. Il entreprit des poursuites judiciaires et fit saisir la terre
d’Aulnay. Le gouverneur trouva d’autres avitailleurs à Nantes et Bayonne
et ces difficultés n’arrêtèrent pas ses activités. Il s’occupait de
nouveaux défrichements quand il mourut brusquement le 24 mai 1650. Son
canot chavira dans le bassin de Port-Royal et il mourut d’épuisement,
après être demeuré une heure et demie dans l’eau glacée. Il laissait huit
enfants, tous en bas âge, et une succession fort obérée. Il avait rédigé
son testament le 20 janvier précédent. Il fut inhumé dans l’église de
Port-Royal. Son père, René de Menou, devint tuteur des enfants, et sa
veuve, Jeanne Motin, par un ironique retour des choses, épousa La Tour,
son ancien adversaire.
Il laissait
aussi une œuvre appréciable. Suivant le témoignage des premiers colons, il
avait fait construire trois forts munis de 60 canons et y maintenait des
garnisons. Il avait emmené de France une vingtaine de familles et, pour
les établir, mis des prairies en culture, organisé deux métairies à
Port-Royal et défriché des terres à Pentagouet et à la rivière Saint-Jean.
Pour ravitailler son monde, il faisait venir chaque année trois ou quatre
navires de France ; il avait fait ériger deux moulins et construire deux
petits navires de 70 tonneaux, 5 pinasses et plusieurs chaloupes. Il avait
encore établi deux écoles et laissait, à sa mort, une population d’environ
500 âmes, répartie en quatre postes et desservie par 12 capucins.
Ces résultats
peuvent sembler assez maigres, mais ils paraissent considérables, quand on
songe que d’Aulnay les obtint par ses seules forces, sans aucune
assistance officielle. De telles réalisations dénotent de fortes qualités
d’intelligence et d’énergie. Tandis que ses concurrents s’occupèrent
presque exclusivement de commerce, d’Aulnay eut l’ambition d’établir une
colonie durable et comprit que le seul moyen d’y parvenir était de fixer
des familles au pays et de leur donner les moyens de subsister sur place,
par elles-mêmes, par la culture de la terre, la pêche et l’industrie. La
colonie qu’il laissa en Acadie était bien enracinée et assez vivace pour
résister à l’occupation anglaise et aux 20 années d’abandon qui suivirent.
Cela suffit pour que d’Aulnay mérite d’être considéré comme un grand
colonisateur et l’un des artisans du premier peuplement européen des
provinces atlantiques.
René Baudry

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- Source :
Les renseignements sur cette époque
proviennent surtout des mémoires de d’Aulnay et de La Tour et sont souvent
contradictoires. AN, Col., C11D, 1, ff.63–81.— BN, mss, Fr. 15 621,
ff.265–272,18 593, ff.365–415, et NAF 9 281 (Margry), ff.69–129.— « Mass.
Archives. »— ACM.— V. aussi : Archivum Sacrae Congregationis de Propaganda,
Rome, Lettere Antiche, 260, f.25, Ignace de Paris, Brevis ac dilucida
[...] (Brève Relation de la mission d’Acadie [...] 1656) ; photocopie et
traduction de l’original aux APC, FM 17, I ; V. RAC, 1904, app. H. 1–11.—
Denys, Description and natural history (Ganong).— Plusieurs documents sont
reproduits dans la Coll. de manuscrits relatifs à la Nouv.-France, I :
115–126, II : 351–380 passim, et dans les Mémoires des commissaires, I :
x, xlviii, 46s., 71, 79–84 ; II : 281–286, 495s. ; IV : 169–174 passim,
203–208, 219, 223–249 passim, 259, 260–268, 272–274, 280s., 302–305, 393,
446s., 451, 517, 531 ; Memorials of the English and French commissaries, I
: 15, 53, 118s., 147, 155s., 347, 349, 353, 367, 375–381, 385, 401, 403,
525, 571–576, 711s. ; et dans les ouvrages de Couillard-Després et de
Candide de Nant (infra).
Plusieurs historiens modernes ont pris violemment parti pour d’Aulnay ou
La Tour et leurs ouvrages tiennent de la polémique plus que de l’histoire.
Célestin Moreau, dans son Histoire de l’Acadie française (Amérique
septentrionale) de 1598 a 1755 (Paris, 1873), Émile Lauvrière, dans La
Tragédie d’un peuple : histoire du peuple acadien de ses origines à nos
jours (2 vol., Paris, 1922 ; nouvelle éd. revisée, 1924), et dans Deux
Traîtres d’Acadie et leur victime : les Latour père et fils et Charles
d’Aulnay (Paris et Montréal, 1932), et Candide de Nant, dans Pages
glorieuses, sont nettement favorables à d’Aulnay. Azarie Couillard-Després
défend la mémoire de La Tour dans ses Observations sur l’histoire de
l’Acadie françoise de M. Moreau, Paris 1873. Réfutation et mise au point
(Montréal, 1919), dans En marge de La tragédie d’un peuple de M. Émile
Lauvrière ou erreurs sur l’histoire d’Acadie (Bruges, 1925), et surtout
dans Saint-Étienne de La Tour. Rameau de Saint-Père, Une Colonie féodale,
et Parkman, The old régime, sont plus objectifs. René Baudry, Charles
d’Aulnay et la Compagnie de la Nouvelle-France, RHAF, XI (1957–58) :
218–2141.— Geneviève Massignon, La Seigneurie de Charles de Menou
d’Aulnay, gouverneur de l’Acadie, 1635–1650, RHAF, XVI (1962–63) :
469–501.
© 2000 Université Laval/University of Toronto
-
- Signature de Charles
de Menou d'Aulnay. WINSOR,
Justin. Narrative and Critical History of America, vol. IV, Boston,
Houghton, Mifflin and Company, 1884, p. 143.
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