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CONNOLLY,
THOMAS LOUIS, prêtre capucin, vicaire général du diocèse de Halifax,
évêque de Saint-Jean, N.-B., archevêque de Halifax, né à Cork, Irlande,
en 1814, décédé à Halifax le 27 juillet 1876.
Thomas
Connolly, fils d’un marchand détaillant, n’avait que trois ans quand son
père mourut, et sa mère, qui tenait auberge, dut s’occuper seule de son
éducation. Influencé par le père Theobald Mathew, un apôtre célèbre de
la tempérance, Connolly entra chez les capucins et alla poursuivre ses
études théologiques à Rome en 1832. Après son ordination à Lyon en 1838,
il exerça son ministère pendant quelque temps à la maison missionnaire
des capucins à Dublin, puis on le nomma aumônier du pénitencier de
Grange Gorman Lane. Quand le père William Walsh, qui était également
capucin, fut nommé évêque de Halifax en 1842, le père Connolly
l’accompagna en Nouvelle-Écosse, en qualité de secrétaire.
Le père
Connolly fut curé de la paroisse St Mary de Halifax puis, en 1845, il
fut nommé vicaire général du diocèse. Il succéda, en 1852, à l’évêque de
Saint-Jean, Mgr William Dollard. Pendant les sept années qu’il passa à
Saint-Jean, il encouragea la construction d’écoles catholiques,
surveilla l’organisation de l’orphelinat catholique que dirigeaient les
religieuses du Sacré-Cœur et fit venir un groupe de sœurs de la Charité
pour enseigner à Saint-Jean. Il mit en marche la construction d’une
cathédrale dans cette ville.
En 1858, Mgr
Connolly prit la succession de l’archevêque de Halifax, Mgr Walsh, qui
venait de mourir. Cette nomination était fortement recommandée par les
prélats des deux côtés de l’Atlantique, parmi lesquels on comptait les
archevêques Paul Cullen de Dublin et John Hughes de New York. Cinq
diocèses tombaient sous la juridiction du nouvel archevêque : Halifax,
Arichat, Charlottetown, Saint-Jean et Chatham, nouvellement érigé. Le
malaise religieux qu’avaient créé en Nouvelle-Écosse, quelques années
plus tôt, la controverse sur l’enrôlement pour la guerre de Crimée, les
émeutes de Gourley et le projet de loi (avorté) sur l’éducation parrainé
par William Young en 1856, allait s’affaiblissant. La modération et la
tolérance dont fit preuve Mgr Connolly contribuèrent à prévenir d’autres
incidents [V. Howe et J. W. Johnston].
Les projets
de loi sur l’éducation de 1864 et de 1865 opposèrent Mgr Connolly et
Charles Tupper. L’archevêque s’éleva vigoureusement contre un système
d’écoles publiques et gratuites et suggéra plutôt l’établissement d’un
système d’écoles séparées pour les catholiques. Il craignait que le
programme d’études qui, sous la nouvelle loi, relèverait du conseil de
l’Instruction publique, ne répondît pas aux exigences des catholiques.
Quand Tupper fit remarquer à l’archevêque que ce conseil serait
constitué du Conseil exécutif dans son entier et que le nombre des
catholiques dans la province leur assurerait une représentation
équitable, Connolly promit à Tupper que le projet de loi « aura [it son]
appui ». Son attitude réaliste et raisonnable à l’égard de la politique
de Tupper éloigna les risques de conflits majeurs entre le gouvernement
provincial et les catholiques. L’entente amena, à toutes fins pratiques,
l’établissement d’écoles séparées, et elle subsiste toujours, sans avoir
suscité les conflits qui ont marqué d’autres ententes plus formelles
ailleurs au Canada.
Mgr Connolly
était un fervent partisan de la confédération. Il était fermement
convaincu de la nécessité de l’union des colonies anglaises de
l’Amérique du Nord et croyait que la Nouvelle-Écosse en tirerait profit.
Il espérait que la confédération serait l’instrument qui permettrait aux
catholiques des Maritimes d’obtenir la reconnaissance juridique des
écoles séparées comme l’avait obtenue la minorité catholique du
Canada-Ouest. Au cours des débats publics sur la question il eut recours
aux arguments les plus courants pour appuyer le projet. Ses premières
déclarations publiques, contenues dans une lettre à la rédaction du
Morning Chronicle de Halifax, parurent le 13 janvier 1865 ; Connolly y
faisait ressortir les avantages commerciaux que la Nouvelle-Écosse
retirerait d’une union avec les autres colonies. À la fin de la même
année, il adressa au lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, sir
Arthur Gordon, une lettre ouverte dans laquelle il s’employait à
rassurer les non-catholiques ; il y affirmait que les catholiques
irlandais de l’Amérique du Nord britannique n’avaient rien à retirer
d’une association avec les Féniens, « cette pitoyable bande de coquins
et de fous ». Il se servit de la menace que représentaient les Féniens
pour lancer un appel indirect en faveur de la confédération, nécessaire
à la défense du pays. Il admettait que les conditions de vie des
catholiques irlandais en Amérique du Nord britannique laissaient
beaucoup à désirer à cause de l’attitude des protestants et des
orangistes, mais d’après lui la situation était encore meilleure qu’aux
États-Unis.
Les efforts
qu’il déployait en vue d’obtenir des concessions pour les catholiques
des Maritimes conduisirent Connolly à la conférence de Londres
(1866–1867). Le ministre des Colonies, lord Carnarvon [Herbert], de même
qu’Hector Langevin et plusieurs autres délégués canadiens se montrèrent
favorables à sa demande mais l’initiative d’une telle demande relevait
de la délégation de la Nouvelle-Écosse. Tupper se montra inflexible sur
la question des écoles séparées et la requête de l’évêque n’eut pas de
suite. Connolly ne fut pas plus heureux dans ses démarches pour amener
Tupper à présenter à l’Assemblée, en avril 1867, un projet de loi sur
cette même question. Néanmoins, avant les élections fédérales et
provinciales du 18 septembre 1867, Connolly, par une lettre aux journaux
incita les catholiques de Halifax à voter pour : « L’ensemble des
candidats favorables à la Confédération – Tous les Cinq et rien d’autre
que les Cinq. » La ville, avec sa nombreuse population catholique vota
pour ces derniers, mais les habitants de la campagne appuyèrent d’une
façon écrasante les candidats du parti de la Nouvelle-Écosse qui
remportèrent les cinq sièges, soit deux à la chambre des Communes et
trois au parlement provincial.
Malgré cet
échec, Mgr Connolly n’en continua pas moins sa campagne en faveur de la
Confédération. Dans sa correspondance avec John A. Macdonald et Tupper,
il formulait son opinion sur diverses personnes et donnait des conseils
sur la façon de gagner leur appui. Sans tenir compte de leurs options
religieuses, il était sans cesse en quête de faveurs pour ceux qui
avaient servi la cause de la Confédération. Au cours de la campagne
électorale de 1872, il fut en butte aux attaques acerbes du Morning
Chronicle à cause d’une lettre adressée à Tupper dans laquelle, en plus
d’approuver la politique du gouvernement Macdonald, il autorisait Tupper
à utiliser cet écrit si bon lui semblait. Dans sa réplique au Morning
Chronicle, Connolly défendit le droit qu’il avait, en tant que citoyen,
de s’occuper de politique et accusa la rédaction d’encourager
l’agitation religieuse. Néanmoins, après cet incident, il évita de se
mêler publiquement de questions politiques.
Afin de
favoriser le maintien et la diffusion du catholicisme dans son
archidiocèse, il construisit de nombreuses écoles et églises de même
qu’un séminaire où les jeunes gens étaient formés en vue du sacerdoce.
Il recruta des Frères des écoles chrétiennes pour l’enseignement dans le
diocèse et augmenta le nombre des sœurs de la Charité dans les écoles.
Mgr Connolly
se rendit à Rome en compagnie de l’évêque John Joseph Lynch de Toronto
et de l’évêque-coadjuteur de Trois-Rivières, Mgr Louis-François Laflèche,
pour représenter l’Église canadienne au concile du Vatican de 1869–1870. Connolly faisait partie de la minorité qui s’opposait à la définition de
l’infaillibilité papale. Il croyait fermement en l’infaillibilité mais
il était d’avis que le climat politique était peu propice à la
proclamation solennelle de ce dogme. Il quitta Rome avant le vote final
mais il se rallia rapidement à l’opinion de la majorité.
Le Canada est
surtout redevable à Thomas Connolly d’avoir appuyé avec ardeur la
Confédération. L’influence qu’il exerçait sur les autres évêques de la
Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick a fait qu’un grand nombre
d’entre eux sont devenus d’ardents défenseurs du projet. D’Arcy McGee
disait de Mgr Connolly et d’Oliver Mowat, de l’Ontario, qu’ils
figuraient parmi les principaux artisans de la Confédération. Les
efforts que déploya Mgr Connolly pour apaiser les différends entre les
adversaires et les partisans de la Confédération ou entre les
catholiques et les protestants au sujet des Féniens, le rendent digne de
cet éloge de son ami de toujours, le révérend George Grant : « Il était
un homme de paix, plus enclin à rapprocher les hommes de religions
différentes qu’à les diviser. »
- David B. Flemming

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- Source : À un certain moment, une partie
importante de la correspondance de Mgr Connolly aurait été conservée
dans les archives de l’archidiocèse de Halifax. Cette correspondance
aurait été volée par « un Anglais », il y a près de 20 ans, et les
autorités n’ont jamais pu la recouvrer. C’est dans les archives du
diocèse de Bathurst, N.-B., qu’on trouva le plus grand nombre de lettres
de Connolly (plus de 60 lettres adressées à un de ses amis intimes, Mgr
James Rogers*). Une autre collection tout aussi volumineuse et tout
aussi importante fut trouvée parmi les papiers de l’abbé Bernard Smith,
bénédictin, professeur au collège Américain de Rome. Smith était
l’intermédiaire de Connolly à Rome et son porte-parole au Vatican. On
retrouva une quantité moindre de lettres dans les papiers de John
Sweeney*, évêque de Saint-Jean, N.-B.
La correspondance qui se rapporte aux activités politiques de Mgr
Connolly se trouve aux ANQ, sir Hector-Louis Langevin, L12 ; aux APC, FM
24, B29 (Papiers Howe), 17, 32 ; FM 26, A (Papiers Macdonald), 116,
copies de lettres, 11–13, 16, 18, 20 ; FM 26, F (Papiers Tupper), 1–4 ;
et aux PRO/30/6 (Papiers Carnarvon), 137. Les archives du Vatican
conservent des lettres et des documents se rapportant à l’archidiocèse
de Halifax pour les années 1860 et les années 1870 mais ils ne touchent
surtout que des questions purement religieuses. Saunders, Three premiers
of N.S., et [Charles Tupper], The life and letters of the Rt. Hon. Sir
Charles Tupper, E. M. Saunders, édit. (2 vol., Londres, 1916)
contiennent la correspondance qu’ont échangée Tupper et Connolly sur la
question des écoles. Plusieurs lettres ne se trouvent pas dans les
Papiers Tupper, mais elles ont souvent été citées et on les accepte
généralement comme une source sûre. [d. b. f.]
Les lettres officielles se trouvent dans : [T. L. Connolly], The
archbishop of Halifax on the Irish in British and in republican America,
T. D. McGee, The Irish position in British and in republican North
America : a letter to the editors of the Irish press irrespective of
party (2e éd., Montréal, 1866), app. B.— Morning Chronicle (Halifax), 14
janv. 1865.— Evening Express (Halifax), 16 sept. 1867.— British Colonist
(Halifax), 30 août 1872.
On trouvera une notice nécrologique dans l’Acadian Recorder (Halifax),
28 juill. 1876. V. aussi : The late archbishop of Halifax, Nova Scotia,
Catholic World (New York), XXIV (1876–1877) : 136–142.— F. J. Wilson,
The most reverend Thomas L. Connolly, archbishop of Halifax, CCHA
Report, 1943–1944, 55–108.
© 2000 Université Laval/University of Toronto
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