ARSENAULT,
JOSEPH-OCTAVE, professeur et fonctionnaire, né le 16 octobre 1866 dans la
localité connue aujourd’hui sous le nom d’Urbainville,
Île-du-Prince-Édouard, fils de Prospère Arsenault et de Marie Gallant, et
neveu de Joseph-Octave Arsenault ; le 11 juin 1894, il épousa à Rustico,
Île-du-Prince-Édouard, Marie-Jeanne (Mary Jane) tallant (décédée en 1947),
et ils eurent six fils et trois filles ; décédé le 11 octobre 1918 à
Charlottetown.
Après avoir
fait des études primaires à l’école de son village natal, Joseph-Octave
Arsenault entra au Prince of Wales College, à Charlottetown, puis à
l’école normale logée dans ce collège, où il obtint un diplôme
d’instituteur. Il étudia aussi au St Dunstan’s College de cette ville.
Après avoir enseigné, semble-t-il, quelques années dans des écoles
acadiennes de la province, il poursuivit ses études au collège de
Saint-Laurent, près de Montréal. Au début de la vingtaine, il fut nommé
directeur de l’école modèle du Prince of Wales College et professeur
adjoint de français au collège. Tout en occupant ces postes, il fut, à
compter de 1892, inspecteur chargé de surveiller l’enseignement du
français dans les écoles acadiennes de la province, qui comptaient quelque
60 classes où l’on enseignait cette matière ; un inspecteur anglophone
s’occupait du reste du programme scolaire. Il s’acquitta de cette tâche
avec beaucoup de succès jusqu’en 1901. Ses rapports annuels font état de
progrès constants et des efforts « louables » des instituteurs pour
améliorer les méthodes d’enseignement, la prononciation du français chez
leurs élèves et leur propre compétence.
À l’instigation
de Gilbert Buote, rédacteur de l’Impartial, et avec l’appui du
surintendant de l’Éducation, Donald J. McLeod, Arsenault organisa la
fondation, le 27 septembre 1893, de l’Association des instituteurs
acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard, dont le but était « l’Enseignement et
l’Encouragement de la langue française dans les écoles de l’Île ». Son nom
fut étroitement lié à l’œuvre de l’association, la première du genre
établie par les Acadiens des Maritimes, et à la question de l’éducation
chez les Acadiens de l’île. C’est lui qui au tout début donna à
l’association son élan, son ton. Il exerça, avec beaucoup de dignité et de
tact, une influence considérable sur les destinées de l’organisme, qu’il
dirigea à titre de président pendant les huit premières années de son
existence. Il ne manqua jamais l’occasion de souligner, autant aux
éducateurs qu’aux élèves, l’importance de l’éducation, et il témoigna
constamment son attachement à la langue française, à la culture et à la
nationalité acadiennes : « Tant que nous serons français, tant que nous
tiendrons à notre nationalité, affirmait-il, il nous sera impossible de ne
pas trouver douce et suave cette langue de la Belle France. Aucun
sacrifice donc, de quelque nature que ce soit, ne doit nous coûter pour la
conserver. » L’Association des instituteurs acadiens fut la première d’une
série d’organismes créés dans la province pour défendre les droits du
peuple acadien. De 1893 à 1971, elle continua son œuvre auprès des
enseignants acadiens et eut par extension une influence sur toute la
communauté acadienne et francophone. C’est en 1894, au moment où Arsenault
en était président, que l’association organisa les premières assemblées de
parents et d’instituteurs dans l’île.
Arsenault était
hautement considéré par ses élèves et les autorités gouvernementales au
ministère de l’Éducation. Néanmoins, en 1903, il quitta le domaine de
l’éducation pour accepter le poste plus rémunérateur de directeur de la
Mutual Life Assurance Company of Canada, à l’Île-du-Prince-Édouard. Il
connut un franc succès à ce poste : avant la fin de l’année 1903, il avait
déjà mis en vigueur 88 assurances d’une valeur nominale de 92 000 $.
Homme d’une
conduite exemplaire et d’une très grande générosité, Joseph-Octave
Arsenault jouissait de la considération générale. Ses talents musicaux lui
avaient sans doute aussi attiré une foule d’admirateurs et d’amis. Il
s’adonnait au chant et jouait plusieurs instruments, dont le piano et le
violoncelle. Atteint de la grippe espagnole, il mourut le 11 octobre 1918
et fut inhumé le lendemain dans le cimetière catholique de Charlottetown.
Francis C. Blanchard
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- Source :
Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard à Miscouche, Assoc. des
instituteurs et institutrices acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard,
procès-verbaux, 27 sept. 1893 ; J.-O. Arsenault, adresse comme
président de la première convention, 10–11 juill. 1894.— St
Augustine’s Roman Catholic Church (South Rustico, Î.-P.-É.), RBMS, 11
juin 1894.— St Philip and St James Roman Catholic Church (Egmont Bay,
Î.-P.-É.), RBMS, 18 oct. 1866.— I.-H. Blanchard, « Fondation de
l’Impartial », L’Évangéline (Moncton, N.-B.), 10 avril 1947.—
Charlottetown Guardian, 12 oct. 1918.— L’Impartial (Tignish, Î.-P.-É.),
5 oct. 1893, 4 juin, 19 nov. 1903.— Georges Arsenault, l’Éducation
chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard, 1720–1980, ou la
Survivance acadienne à l’Île-du-Prince-Édouard (Summerside, 1982).—
J.-H. Blanchard, The Acadians of Prince Edward Island, 1720–1964
([Charlottetown], 1964 ; réimpr., 1976) ; Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard
([Charlottetown], 1956) ; Histoire des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard
(Moncton, N.-B., 1927 ; 2e éd., Summerside, Î.-P.-É., 1975).
© 2000 Université Laval/University of Toronto
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- Source deuxième
photo : L'Illustration du journal Le Moniteur Acadien,
Supplément illustré publié à l'occasion du 25e anniversaire de sa
fondation, 1er juillet 1892, page 25
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