Instituteur,
commerçant, journaliste et homme politique, Onésiphore Turgeon est né à
Lévis, Québec, le 6 septembre 1849. Il est le fils de Simon Turgeon et de
Pélagie Paradis. Le 20 août 1876, il épouse Margaret Eulalia Baldwin, de
Bathurst; ils auront cinq enfants. Sa première femme est décédé en 1896.
En 1905, Turgeon épouse en secondes noces Mary Loretto Meahan de Bathurst.
Il est décédé en 1944.
Turgeon fait
des études au Grand Séminaire de Québec, mais ne les complète pas pour des
raisons de santé. En 1871, il quitte le Québec et s'installe à
Petit-Rocher, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, une région qu'il a
visitée auparavant. Il s'intègre avec enthousiasme dans sa région
d'adoption. En tant qu'instituteur à l'école catholique de Petit-Rocher,
mise sur pied par des parents acadiens dans la foulée de la Common Schools
Act de 1871, Turgeon se voit mêlé à la controverse entourant
l'enseignement confessionnel dans la province. Il abandonne l'enseignement
après quelques années et travaille dans le commerce. Turgeon se lance
aussi dans le journalisme, en tant que rédacteur du journal Le Courrier
des Provinces Maritimes de Bathurst, de 1896 à 1899.
Turgeon brigue
sans succès les suffrages lors d'élections provinciales et fédérales à la
fin du 19e siècle. Entre-temps, il se voit comme le défenseur des intérêts
des Acadiens de sa région et se charge de solliciter des postes et des
récompenses pour ces derniers auprès des autorités gouvernementales. Ce
n'est qu'en 1900 qu'il se fait élire pour la première fois, comme député
fédéral libéral pour la circonscription de Gloucester. Il y siège jusqu'en
1922, puis est nommé sénateur, poste qu'il occupe jusqu'à la fin de ses
jours. Durant ses mandats comme député et sénateur, Turgeon s'intéresse au
sort de l'Ouest canadien et se fait le défenseur des droits des minorités
francophones du pays. Tous ses enfants, par ailleurs, s'établissent dans
les provinces de l'Ouest. En 1928, le sénateur Turgeon publie ses
mémoires, intitulés Un tribut à la race acadienne.
Acadien par
choix, selon ses dires, Turgeon est un ardent promoteur du réveil
nationaliste acadien de la fin du 19e siècle. Il participe à
l'organisation des deux premières conventions nationales en tant que
membre du comité exécutif. Dans le discours qu'il prononce lors du premier
grand ralliement à Memramcook en 1881, Turgeon se déclare solidaire du
peuple acadien et de son choix de l'Assomption comme fête nationale. Il
insiste aussi sur la nécessité de l'éducation dans l'avancement des
Acadiens.
 |
- Source :
Canadian Parliamentary Guide, 1944, sous la direction de A.L.
Normandin (Ottawa, 1944), p. 99; Onésiphore Turgeon, Un tribut à la
race acadienne. Mémoires, 1871-1927 (Montréal, Ducharme, 1928);
Jean-Guy Quenneville, "L'Ouest canadien vu par Onésiphore Turgeon,
Sénateur", La Société historique acadienne : Les Cahiers, vol. 19, no
4, 1988, p. 123-138; Sheila M. Andrew, The Development of Elites in
Acadian New Brunswick, 1861-1881 (Montréal et Kingston, McGill-Queen's
University Press, 1996); Ferdinand J. Robidoux (compilateur),
Conventions nationales des Acadiens, vol. I (Shédiac, Moniteur
acadien, 1907).
-
- Source photo :Un
tribut à la race Acadienne (Mémoires 1871-1927), Onésiphore Turgeon,
G.Ducharme, Montréal, 1928
|